lundi 4 septembre 2017

Biarritz surf gang






6 minutes : c'est le temps moyen passé dans la file d'attente de la caisse de Monop un jour de rentrée, un aller simple Colombes-Paris avec les nouveaux trains, a leisurely stay in the loo, la durée de cuisson tendre des coquillettes du soir, le bain de la dernière qui s'amuse avec ses Playmo, le temps de pause d'un masque fraicheur Daniel Jouvance, et surtout le temps de visionnage moyen d'un épisode de cette série qui décoiffe sur le surf.

Si pour vous ce sport est synonyme d'art de (bien)vivre, en harmonie avec une nature somptueuse,  de filles dorées par le soleil et d'abdos en béton surmontés de cheveux décolorés, alors vous allez vous prendre une bonne petit claque en regardant cette série en format court, développée pour être lue sur mobile.

Où l'on découvre à travers des témoignages et des images d'archives la vraie vie du premier et seul gang de surfeurs de la grande plage de Biarritz : le Biarritz Surf Gang, une soixantaine de jeunes plus proches de l'esprit des Sex Pistols que des planchistes ripolinés de nos fantasmes de Beach Boys.

C'est finement réalisé, jamais ennuyeux et vraiment étonnant.

La série est disponible sur la plateforme de distribution des formats courts de Canal+ : Studio +, depuis quelques mois, mais la bonne affaire c'est qu'elle est accessible gratuitement en ce moment.








Les infos sur cette série dans cet article du Monde et le nom de l'appli : Studio + à télécharger gratuitement (Les épisodes de Biarritz surf gang sont gratuits jusqu'au 15 septembre.  Ensuite, si le principe vous plait, c'est 2,99 euros par mois, sans engagement pour accéder à tout le catalogue du site).

mercredi 30 août 2017

Rester en vacances



Imaginer le 30 août qu'il va nous falloir 11 mois avant de respirer de nouveau à pleins poumons et d'ouvrir nos yeux sur les beautés du monde est une perspective que nous nous accorderons à trouver toute à fait propre à déclencher des idées noires. 
Y ajouter par dessus le fameux "tunnel du mois de septembre" et sa litanie de soirées les doigts plein de scotch et de papier cristal et là c'est le suicide qui devient inéluctable.


Au risque de décevoir un certain nombre d'entre vous, dormir avec sa fouta de bain au sable incrusté dans les fibres n'apparait PAS comme la solution la plus mature ni la plus agréable de prolonger votre été (déjà senti un coquillage après quelques semaines sur une étagère ? Alors, vous voyez ce que je veux dire). 

En revanche (et là je vous vois pousser un soupir de soulagement) il existe des moyens à l'efficacité merveilleuse de prolonger le doux sentiment de plénitude du mitan de vos vacances.


lundi 28 août 2017

Sociologie de trottoir #1 : le pompier


Maarten Van der Kamp


Il est midi, c'est l'été, il fait doux et le vent souffle mollement dans cette rue piétonne. Les ménagères font des zig zags entre boulangerie, boucherie, pharmacie et Monoprix. Le postier roule sur son vélo électrique, les enfants trainent les pieds et les nounous papotent.
Les mamies marchent à pas comptés et portent leur demi baguette aussi précautionneusement que s'il s'agissait d'un verre en cristal. La police municipale fait sa ronde en discutant avec animation du dernier transfert du PSG avec un commerçant sorti prendre l'air. Des hommes en costume et des femmes en tailleur marchent d'un pas vif et se hâtent vers la gare toute proche.

Ils apparaissent tout à coup et passent en troupeau à une allure que l'on qualifiera d'allegro ma non troppo. Foulée aussi légère que leur short, t-shirt réglementaire ajusté au millimètre, coupe courte, rasage 5 lames, talkie-walkie à la ceinture et ce flocage sur le torse qui veut tout dire : "pompiers de Paris". Silencieux, si ce n'est leur respiration et le bruit de leurs pieds, qui heurtent en cadences les pavés de la rue.

vendredi 25 août 2017

Photos de vacances


Benno Graziani


Ce post commence grâce à une chronique de Sophie Fontanel dans l'Obs sur les vacances de Jackie Kennedy et ses photos de l'été 1962, prises par un de ses photographes réguliers, Benno Graziani.

Au-delà de la nostalgie de l'argentique (on avait l'air tellement plus nets non ?) et de l'esthétique radieuse de ces années qualifiées de glorieuses par les économistes qui pourtant ne sont pas habituellement portés sur l'hyperbole sémantique, ce qui frappe c'est ce sentiment diffus qu'on ne prend plus de photos de vacances.

Je m'explique.

On prend des selfies, des natures mortes, des outfit of the day, des couchers de soleil (vous avez remarqué le nombre de couchers de soleil pris en photo cette année ? A croire que tout le monde s'était passé le mot), des Spritz avec le soleil qui se reflète dedans, des détails de panneaux marrants, des profils parfaits d'enfants sur fond bleu azur, des ventres serrés et des panoramiques vus de Drone, des photos un peu cruelles façon Martin Parr de nos voisins de serviette ou de table : toute une somme d'instantanés qui n'ont jamais moins mérité leur nom depuis qu'on peut les effacer jusqu'à atteindre ce qu'on pense être la perfection.

Tout cela compose un tableau léché comme un cornet de glace italien, propre, présentable, hautement désirable selon les critères de l'année. De la machine à like, du fuel à réseaux sociaux.

A part qu'en regardant les photos de l'été 62 de Jackie (où celle-ci avait semble-t-il bien relâché la pression de la présidence pour embrasser la dolce vita comme le raconte Sophie Fontanel), on voit autre chose.
Des cadres larges, des plans et des arrières plans, des poses qui n'en sont pas.
On voit des bouts de journée attrapés à la volée, des photos même pas posées, et, c'est drôle mais on imagine  immédiatement beaucoup plus que ce qu'elles représentent.

Ces photos nous parlent.

Tant pis si la pose n'est pas parfaite, tant pis si la lumière n'est pas rasante ni dorée.
Tout à coup on regrette de ne pas avoir passé plus de temps à créer les témoins de ces moments là, de ceux que l'on redécouvrait l'un après l'autre dans une pochette de papier, assis au café au soleil ou bien encore debout dans le labo photo. En souriant béatement ou en fronçant les sourcils.

Et on se dit alors que rien n'est perdu et on cherche dans son flux si par hasard, on n'a pas oublié de trier quelques photos.
Et, forcément, on finit par trouver quelques pépites : des mouvements suspendus, des cadrages approximatifs ou des images attrapées à la va-vite, sans mise en scène.

Une fois trouvées, on se prend à les regarder d'un oeil neuf, à les chérir et à se promettre de ne pas les détruire ni de les publier mais peut-être même de les imprimer pour les coller avec soin dans un album photo qu'on regardera plus tard, les jours de frais.

jeudi 24 août 2017

Pêche miraculeuse




(ça fait tellement longtemps que je n'ai pas écrit que je ne sais plus comment faire. Tout à l'heure, j'ai failli aller m'allonger dans une chaise longue avec un livre avant de réaliser que je ne suis plus en vacances, que le ciel est gris et que le monde a fort fort bruissé pendant que je brunissais, comme en témoigne la to-do list de la fin août. Retrouver mon ordi me fait finalement le même plaisir qu'enfiler mon maillot le premier jour de plage : anticipation, plaisir et trouille de ne pas être à la hauteur).

L'action se passe dans un entrepôt Emmaüs.
Emmaüs était un des magasins préférés de ma mère, qui nous a petit à petit convaincus que, faisant fi de toute apparence, le beau, le pratique, l'inespéré peuvent vous y sauter dans les bras ; promesse de bonne affaire mâtinée de bonne action - autant dire un incontournable, pour autant que l'on puisse être sur place un jour où l'endroit est ouvert.

L'espace, grand, est méticuleusement séparé en pièces délimitées par des meubles.
Animés par le seul désir de nous promener sans intention particulière, nous concentrerons notre attention sur un coin qui pourrait s'appeler "vide grenier", soit un tas de petites choses de maison sans grande valeur, qu'on aurait pu appeler "des affaires de ménages" : assiettes, bols, verres, cendriers de tous les jours, témoins privilégiés de la vie quotidienne. De l'arcopal, du verre blanc, de la terre cuite, on est plus dans une ambiance de fin de vide grenier que dans une brocante au village suisse.

Tous les articles sont proprement disposés sur des étagères et des tables à tréteaux recouvertes de tissus unis. L'après-midi s'étire, les clients furètent, les bénévoles attendent les clients et deux-trois manutentionnaires sont en train de remettre en place le coin "couture" aujourd'hui fermé.

Quand, soudain, apparait, coincée entre un vase d'inspiration sino-Ikea et un cendrier marqué du sceau de la ville de Dieppe, cette tasse en verre.

(Ca tombe mal, des tasses et des mugs on en a plein les placards, ce n'est vraiment pas ce que l'on cherche).

Et cette tasse, l'air de rien, sait se faire remarquer. Parce que, justement, elle n'a l'air de rien.

Comme si le verrier avait voulu s'inspirer de ses soirées à regarder Dallas ( la bouteille de whisky de JR, carrée et sculptée comme un diamant) et de sa folle semaine à l'Oktoberfest en 1978 (la chope de bière, ronde et massive) pour créer le récipient idéal et délicat de son Ricoré du matin, dans un format somme toute réduit (on approche plus des 25 cl que de la pinte).

Une incongruité forcément réjouissante, vendue 2 euros, signe que la magie d'Emmaüs agit toujours, et qui traîne désormais au milieu du comptoir de la cuisine, offerte aux rayons du soleil avec lesquels elle joue volontiers, comme une starlette de la croisette.


PS : la chasse a également rapporté 6 petits verres dentelés Duralex (aussi appelés "verre de mamie spécial limonade qui pique très fort"), 3 sachets de Playmobil-qui-ont-tous-leur-cheveux-ce-qui-en-soit-est-exceptionnel, une véritable chope en verre et un mini vase en pseudo porcelaine bleu ciel.


jeudi 20 juillet 2017

Le jour le plus long


Les supers montages photos de la newsletter Stylist

Le dernier jour de travail commence la veille.

Quand on se dit avec un soupir d'anticipation :
"demain à cette heure ci je serai en tongs à faire mes valises".

Soupir d'anticipation 

parce qu'il exprime à la fois 

la super hâte de raccrocher enfin les gants pour cette trêve estivale sur laquelle on fonde tous ses espoirs les plus fous (oui, rêver de comater dans une chaise longue avec un roman pendant 2 heures est un espoir le plus fou) 

ET 
aussi 

la légère appréhension des dernières heures avant de fermer la porte de la maison et de l'année : faire les bagages, vider le frigo, chercher partout le chéquier pour payer le reste de la location à la remise des clés, partir en spéléologie dans la cave pour trouver les jouets de plage ET la planche de nage, fermer tous les volets, entasser trop de vêtements dans sa valise, préparer le thermos pour la route, trouver une poubelle de voisins dans laquelle poser son dernier sac, vérifier l'arrosage automatique et planter des bouteille d'eau la tête en bas au pied du laurier et de l'hortensia, rappeler aux enfants de prendre leurs devoirs de vacances...

Souffler alors un grand coup en se disant que ce n'est qu'un pur moment de plaisir comparé à celui du retour : quand il faut secouer les serviettes de plages avant de les mettre à laver.





mardi 18 juillet 2017

Dior de près



Tout le monde en parle et c'est tant mieux.

Le 70ème anniversaire de la maison de couture Christian Dior est célébré (notamment) à travers une exposition au Musée des Arts Décoratifs, rue de Rivoli à Paris, à un jet d'épingles des Pyramides et des colonnes de Buren et ce, jusqu'en janvier de l'année prochaine.

Dior est présent à l'esprit de tout le monde. Pour moi c'était le New Look, le tailleur Bar, le parfum Diorissimo, Charlize Theron et sa robe en or, les foudroyantes envolées de Galliano, la rigueur de Raf Simons, les évidences d'Yves Saint Laurent et le renouveau féministe de Maria Grazia et son t-shirt à 300 euros. L'exposition est partout sur tous les réseaux sociaux, il est très facile de trouver des photos, des commentaires élogieux et des descriptions enamourées.

J'ai pris quelques photos, mais surtout ouvert grand les yeux et la bouche à plusieurs reprises, par exemple devant le travail réalisé sur cette robe de 2017 (en photo) entièrement brodée en raphia (j'y penserai la prochaine fois que je verrai du raphia sur un tuteur) et que l'on peut regarder de très très près si on veut.

J'ai découvert que Dior était mort 10 ans après le lancement de sa marque seulement et que celle-ci avait ensuite été portée par des créateurs qui avaient chacun leur univers propre, tout en maintenant une ligne de force commune, parfois très visible et parfois ténue. Et ça m'a bluffée.

(découvert aussi que les modèles que je préfère chez Dior sont ceux dessinés par Saint Laurent)

Cette exposition est si riche que vous devrez dépasser les compte rendus enamourés et les instastories pour y aller vous-même. Promis, vous ne le regretterez pas, même si la mode vous ennuie.

Exposition Dior, couturier du rêve.

lundi 3 juillet 2017

Les horoscopes




Elle, assise en tailleur, lit un magazine, hyper concentrée.
Lui, lève le nez de son livre et lui demande :
"Mais pourquoi tu lis ton horoscope ?"

Elle, sans lever le nez de son magazine
"Des fois que je lirais quelque chose qui me plait."

Lui ne répond rien. Il attend la suite.
"...."

Elle souffle, lève le nez et plante ses yeux dans les siens :
"Si ça me plait pas, j'oublie tout de suite, si ça me plait, ça me donne de l'énergie.
Tiens, parfois, je lis même des horoscopes déjà passés.
Si l'horoscope s'est trompé, je me dis que j'ai détourné les étoiles en ma faveur.
Si l'horoscope avait raison et que j'ai vraiment passé une sale journée comme il l'avait prédit, je me dis qu'heureusement que je ne l'ai pas lu le matin, parce que ça m'aurait minée. Et ça me réconforte."

Lui, perplexe et vaguement moqueur.
"Pffft. Autant garder tous les horoscopes que tu aimes bien et en tirer un au hasard le matin."

Elle, lève les yeux au ciel et parle lentement.
"Ca ferait pas pareil. Yaurait pas cette petite appréhension de lire un truc pas bien"

Lui, qui décidément, n'a pas envie de comprendre.
"Mais puisque les trucs pas bien tu les retiens pas ?"

Elle, se pique au jeu, pose le magazine à sa droite et se redresse.
"Oui, c'est vrai. Mais même, ça met du piment. Si tout était positif de suite et tout le temps, ça serait pas drôle. Là, regarde (elle tend la page de la semaine et pointe vers le signe poisson en lisant) "l'air est plein de promesses, vous pourriez faire des rencontres dynamisantes", tu trouves pas ça chouette ?

Lui, dubitatif.
"Ca veut rien dire. regarde, le conditionnel "vous pourriez", non seulement ils racontent n'importent quoi mais en plus ils se mouillent pas"

Elle, souffle, reprend son magazine et replonge dans sa lecture.
"Laisse tomber"

vendredi 30 juin 2017

c'est la t(f)ête



Racine Paris 

Chacun a son détecteur de fumée personnel.

Mais si, vous savez bien, ce signal que le corps vous envoie quand la machine surchauffe. Gastro, grippe, dos bloqué, torticolis, migraine. On croyait naviguer en vitesse de croisière, voiles bien bordées et vent de le dos, peut-être un peu sous pression, un tout petit peu, à peine, et bam, par terre. Plus bouger, l'oeil torve et le cheveu terne.

Généralement, et en toute honnêteté, on le sentait venir depuis quelques jours ce petit coup de grisou. Et généralement, tout aussi honnêtement, on a choisi de pas voir plus loin que le bout de son nez, rapport au fait que si on commence à s'écouter, on n'a pas fini de de ne plus rien faire.

(la suite après le saut)

mercredi 28 juin 2017

Imagine - le retour





Chaque mercredi, les Glorieuses envoie sa newsletter féministe dont l'édito est bien souvent très bien troussé. Cette semaine, le sujet abordé est celui de l'imagination et fait référence à la première philosophe féministe, Mary Wollstonecraft, en reprenant un extrait d'une lettre adressée à son amant quelque part au milieu du 18ème siècle :


“L’impulsion des sens, des passions (…) et la raison rassemblent les hommes ; 
mais l’imagination est le véritable feu, 
volé du paradis pour animer cette froide créature d’argile, (…), rendant les hommes sociaux en ouvrant leurs cœurs”.


Ca calme et ça ouvre des perspectives ma foi fort réjouissantes au moment où nous allons tous nous retrouver face à face avec l'océan, la montagne, l'air pur, les transits en aéroport et les connexions vacillantes.
Où libérés de nos costumes de travail et flottant dans nos baggies et nos tongs, nous allons enfin pouvoir laisser aussi s'échapper le pouvoir de l'imagination de nos cervelles.


Ce texte m'a fait penser à ce post publié en 2009 (quasi donc vers le milieu du 18ème siècle aussi) "imagine", me rappelant fort à propos que je vis chaque jour dans une famille à l'imagination débordante et qui ne demande qu'à se réveiller...




PS : le lien vers la newsletter est ici : les glorieuses

lundi 26 juin 2017

Marguerite et la philosophie



La petite fille sait maintenant écrire. L'orthographe est encore chancelante, la syntaxe également mais on ne lui en tiendra pas rigueur. C'est vrai, si on écrivait tous en phonétique, j'en connais qui seraient drôlement soulagés. Mais l'envie de s'exprimer par écrit est là et ça c'est un acquis formidable de l'année.

Au fond de son cartable en cuir et toile - parce qu'en CP, on peut encore porter un vrai cartable bien calé sur ses épaules sans risquer le déclassement social de cour de récré, tout un tas de feuilles bien tassées, comme un joli matelas de mousses sédimentées au pied d'un arbre.
Des feuilles, quelques emballages de crêpes Waouh et de paquets de mouchoirs en papiers. Un crayon oublié, deux-trois talismans sans forme aussi, bouts de ficelle et traces d'épluchures de crayon papier.

Un joli fatras quasi-artistique (je suis sa mère, j'ai le droit à un manque total d'objectivité) qui témoigne de l'année qui a passé comme un battement d'aile de papillon. Doucement, sans fracas, joliment. La petite fille a grandi, son pas s'est affirmé, son caractère aussi, tantôt douce et câline, tantôt volcan en colère, frustrée de tous ces interdits qu'on lui pose, tyrans que nous sommes.

Au milieu de ces souvenirs d'une année donc, beaucoup de dessins. beaucoup. Et une feuille froissée : plantée là l'air de rien, une carte maîtresse du jeu de la petite fille exposée au grand jour.

"Mais tu aimes qui Marguerite ?"

"Ben, tout le monde"

La voilà, l'arme fatale.
Continue comme ça et tu iras loin.





mardi 20 juin 2017

Bold and daring

Mailchimp

Cette année le maquillage prend des ailes.

Je ne sais pas si c'est une conséquence indirecte de "l'effet rouge à lèvres", vous savez, ce mouvement sociologique de fond (hem hem) qui dit que quand on n'a pas le moral et pas un rond, on se fait plaisir en achetant un rouge à lèvres éclatant à défaut de fondre pour des pompes à 150 000 dollars.

Je ne sais pas si c'est la preuve de l'émergence d'une féminité moins axée sur la séduction que sur le plaisir de s'aimer ou de loin se prendre au sérieux.

Sans doute un peu des deux. En tous cas, cette année, le maquillage a adopté une attitude rafraichissante : la tendance "rainbow dans mon coeur".





vendredi 9 juin 2017

L'amour, toujours l'amour


C'est la fille qui a grandi en écoutant la musique qui sortait de la chambre de ses grands frères, qui a somnolé tous les samedis soirs devant les Enfants du Rock et qui trouvait que le summum du cool à 14 ans était de prendre le bus le mercredi après-midi avec son imper Burberry, une boucle d'oreille en plastique bleue pendante à l'oreille et  ce titre là de David Bowie à fond dans le walk man Sony. Qui avait un t-shirt Simple Minds coupé au dessus du nombril et collait des photos de chanteurs sur ses cahiers de maths.

C'est la fille qui ne pouvait pas passer une journée sans écouter de la musique. Qui se souvient très bien de tous les 33 tours achetés avec ses sous et qui se souvient très bien aussi de son premier 45 tours, de la bande son de l'été de ses 15 ans, et aussi de ses 16 ans, et de chaque année après.

C'est la fille qui a grandi et qui, petit à petit, a écouté moins de musique, a préféré courir en écoutant des podcasts, a arrêté d'aller aux concerts et a râlé en voyant ses enfants scotchés à leurs écouteurs.

A une exception, près.

C'est la fille qui, quelques années plus tard, ce matin, à 9 heures a téléchargé le nouveau disque de Phoenix sur iTune sorti ce matin même.  Qui l'écoute sans aucune objectivité parce que tout à coup son âme de groupie se réveille. Qui cherche ses écouteurs pour l'emporter dans le train tout à l'heure. Et qui a pris des places pour leur concert comme pour les 4 albums précédents. Alors même que leur venue à Paris coïncide avec le 15ème anniversaire de son fils.


lundi 5 juin 2017

Cette foie c'est la bonne





Deux semaines jalonnées d'une succession d'apéros les pieds dans l'herbe, de petits verres en terrasse, de pause sur le port en partant de la plage et de rafraichissements sur le balcon. Deux semaines de douce euphorie pré-estivale, comme un avant-gout chamallow, une bande annonce alléchante et vraiment bien fichue.

Rosé - Bière - Champagne. Les trois mousquetaires de ces moments rêvés ont du mouron à se faire.

Si cette année le Pimms va peut-être détrôner le Spritz au-delà des côtes de Brighton et de Tourgéville, si une fois de plus le Mimosa va tenter une sortie hors des brunchs de Martha's Vineyard, et si les maisons de champagne tente de  funkiser leurs crus par une version piscine noyée de glaçons (aïe), la grosse tendance annoncée de l'été est l'arrivée sur les tables rosé-saucissons de cockails sans alcool qui vont enfin redonner leur part de cool à tous ceux qui alors avaient le choix entre le perrier tranche, le jus d'orange et l'indétrônable coca.

C'est une bonne nouvelle pour tous les curieux, les femmes enceintes et les jeunes mamans, les fêtards à l'esprit clair et un peu tout le monde les lendemains de fête.

Une sélection de recettes sur ce board Pinterest "Virgin Drinks".

lundi 29 mai 2017

English vocabulary : staycation




staycation ‹informal› BrE steɪˈkeɪʃ(ə)nAmE ˌsteɪˈkeɪʃn | vacances fpl chez soi


C'est faire tout comme en vacances sans quitter sa maison.

Se coucher avec les cheveux mouillés et se réveiller avec un tapis de mousse sur la tête, décider de ne pas se regarder dans un miroir pendant deux jours plutôt que de faire un brushing.
S'habiller en short et en chemisette avec son maillot et la crème solaire à portée de main.
Passer l'heure de la sieste en culotte sous un parasol naturel dans un coin du jardin et lire d'une traite "fendre l'armure" d'Anna Gavalda en regrettant de le lire d'une traite mais sans pouvoir d'empêcher de continuer. Et prolonger le plaisir en écoutant les critiques du Masque et la Plume en podcast qui n'en disent que du bien.
Aller prendre l'apéro chez des copains et rester sur la terrasse jusqu'à minuit, à refaire le monde.
Doucher la dernière à pas d'heure et la coucher trop tard pas très bien séchée mais bien fraiche sur un matelas posé devant la fenêtre grande ouverte. S'allonger à côté d'elle, sentir la bise du soir qui caresse le haut du crâne et pousser un soupir d'aise.
Boire une bière fraiche et manger des chips.
Partir une journée faire du tourisme. Pester contre tous ceux qui ont eu la même idée (à la Fondation Monet de Giverny), se féliciter d'avoir réservé dans un endroit découvert dans un guide boboparisien, calme, tranquille et qui donne envie d'y rester passer la nuit, décider sur un coup de tête de faire 100 kilomètres pour mettre les jambes dans la mer. Mettre les jambes dans la mer. Manger une glace sur le port en regardant les bateaux (avec la chanson de Michel Jonasz qui tourne dans la tête).
Rentrer avec la peau qui chauffe un peu et des frisettes tout autour de la tête
Se lever tôt parce qu'on a plein de choses à faire et en fait ne pas faire grand chose.
Paresser à table en famille en mangeant du melon.
Aller prendre un gouter chez d'autres copains en traversant la ville déserte et écrasée de chaleur.
Manger un éclair au praliné avec les pieds nus dans l'herbe en demandant aux filles de ne pas faire trop de bruit pendant qu'elles se font mouiller par l'arrosage automatique.
Regarder en trois soirs toute la saison 3 du Bureau des Légendes. Se coucher trois soirs avec la voix de Jeanne Added dans la tête.




lundi 22 mai 2017

Mère calme à agitée


fatmumslim



Alors que la moitié du monde les fêtent le 2ème dimanche du mois de mai et nous le dernier, difficile d'échapper pendant un mois aux messages publicitaire dégoulinants d'amour et de bisous mouillés à destination de nos môôôômans.

Un peu comme pour la Saint Valentin, la rentrée des classes et l'ouverture des soldes, les marques ne sont pas connues pour leur subtilité. En général, elles allument les bazookas et adoptent une stratégie dite de la terre brulée visant à n'épargner aucun cerveau afin que leurs ventes profitent à fond de chaque opportunité calendaire de gonfler leur chiffre d'affaire.

Soit, c'est de bonne guerre, on va pas mégoter. Business is business.

vendredi 19 mai 2017

Vidéos de la semaine #1





Peut-être que vous habitez sur la planète Mars. peut-être que vous n'avez pas de temps à perdre sur les réseaux sociaux ou bien que vous avez une vie sans wifi (il parait que ça existe). Ce n'est pas grave car moi je veille sur

On peut ne pas être fan de Louane, de Benjamin Biolay ni de Bianca Li, voire même pas être fan de Cannes, mais le tout ensemble est drôlement charmant



On peut ne pas aimer le Portugal, les catogans, le jazz, les trophées en cristal ni l'Eurovision, mais c'est un peu compliqué de ne pas succomber à ce duo là - (cliquer sur le lien pour voir la vidéo)


Salvador Sobral chante avec sa soeur

jeudi 18 mai 2017

Steve et la pulpe


Je suis d'accord avec toi Steve, y'a de quoi être perplexe.

On ne peut peut plus se fier à rien, c'est dingue.

Après nous avoir convaincu que l'on pouvait porter un pull en dérivé de pétrole sans habiter le far west ni avoir commis aucun crime (Lucky Luke est parmi nous ce soir), voilà que l'industrie italienne de la mode a décidé nous rhabiller en pulpe et en peau d'orange.

Je te vois d'ici hausser le sourcil d'un air interro-dubitatif.

Et pourtant c'est vrai. Deux Italiennes, Adriana Santanocito et Enrica Arena, ont créé en 2014 une entreprise, Orange Fiber, qui fabrique des textiles durables et non polluants à partir de déchets d'agrumes dont on extrait la cellulose  (si j'ai bien tout compris, mes cours de biologie sont loin) et que l'on peut ainsi transformer en fil.

Il fallait y penser.

Pas de déchet, pas de produits chimiques, une matière première qui ne prend pas la place d'une autre culture, qui ne coute rien et qui, a priori, ne devrait pas disparaitre de si tôt.

A l'arrivée un tissu qui ressemble à de la soie et peut être imprimée comme tout autre textile.

Depuis, la jeune entreprise a attiré l'oeil d'investisseurs, et reçu le prix Global Change Award de la Fondation H&M assorti d'un financement de 150 000 euros avant de dévoiler une collaboration avec  la maison de couture Ferragamo lancée le jour de la Terre en avril dernier.

Et là, t'es obligé de dire que c'est formidable Steve.
Même si tu n'as pas vécu assez vieux pour avoir ta polaire Décathlon pour tes bivouacs dans le désert.


Si vous voulez en savoir plus, allez sur le site (en italien ou en anglais de Orange Fiber) et lisez cet article très complet de WWD .


vendredi 12 mai 2017

Resserrer les liens avec les enfants


Crédit inconnu



Alors que se profile un week end non seulement pluvieux mais  qui en plus va nous sembler aussi étriqué qu'un cachemire après un passage en machine à 60 degrés, je vous propose de tourner vos yeux vers le soleil de vos coeurs : vos chères petites têtes blondes (ou brunes, voire même rousses, ça marche aussi).

Profitons donc de cette trêve de deux jours pour resserrer nos liens avec ceux que parfois nous finissons par ne plus voir que comme des graines de petit voyous habillés comme des as de piques, aussi voraces que de Huns attaquant Paris l'estomac dans les talons, aussi mal élevés que les guêpes du mois d'août qui s'invitent sans aucun savoir vivre à la table des déjeuners d'été.

Ecoutons les bons conseils de Caroline, pédagogue émérite et auteure du blog d'éducation positive "Apprendre à éduquer" et laissons de nos côtés ces vilaines images pour mettre au jour toute la beauté de la relation filiale qui nous unit à ces petits êtres plein de vie.

Allez, coeur soleil coeur bisous et bon week end, je suis déjà hyper fiers de notre chemin à tous sur ce chemin de la félicité familiale.



PS : la question 4 me laisse songeuse. Je doute que la réponse de ma dernière me permettra de la regarder d'un oeil nouveau et plein de fierté. Mais fi de mauvais esprit !

PS2 : on peut peut-être faire la même liste en fin de soirée avec les copains ? Estomac plein, tête qui tournotte un peu, fatigue de la semaine aidant, ça peut être surprenant...



le site de Caroline

mardi 9 mai 2017

Aux aguets

Mélanie Allag 


D'où vient-on que l'on soit toujours aussi méfiants et plein d'inquiétude face à tout ce qui sort des clous ? D'où vient que, plutôt que d'accueillir l'inattendu avec excitation, joie et enthousiasme on cherche toujours le loup ? Qu'on se dresse sur ses pattes, l'oeil inquiet et le jarret souple, prêt à bondir à la gorge ou à l'abri ?
On crie au complot, au storytelling, à la dissimulation, on suppute, on se tord les mains, on manifeste et on proteste. On imagine, on croit deviner les signes, on émet des soupçons, on pense déjouer la manipulation.

Après une campagne présidentielle aussi rude qu'incroyablement pavée de rebondissements et de déceptions, nous avons un nouveau Président.
Bon ou mauvais, providentiel ou pas, certainement armé d'une motivation hors du commun et d'une réserve de sommeil quasi inépuisable.
On ne sait rien de lui ou quasi en dehors du tombereau d'images, de rumeurs, de petites histoires plus ou moins chuchotées.
Mais cette année, et encore plus que jamais, cet homme ne pourra même pas bénéficier de ce fameux état de grâce avec lequel on accueille parfois les nouveaux.


vendredi 5 mai 2017

Sea you




La photo est un peu floue mais peu importe. Seule compte la tranquille impression de bonheur qui s'en dégage. Rien de spectaculaire, hein, rien de bling ni d'hystérique, rien d'exotique ni de  grandiloquent.

Mais au delà de l'image en elle-même, le souvenir quasi sensuel de chaque millimètre de pixel de l'image, le vent dans les oreilles et l'odeur inimitable de la mer sur un vieux bateau en bois. 

Les vernis entretenus au petit poil, les épissures au cordeau et les bouts souples.
Le seau à tout faire  avec à coup sûr une grosse éponge au fond.

La veste de mer Helly Hansen aussi confortable et usée qu'un vieux nounours, décolorée sur les épaules, couleur bleu marine passée à l'intérieur. Le chapeau posé sur le crâne au-dessus des oreilles et la main solide et carrée, qui tient la barre comme on tient la main d'un enfant, avec autorité et douceur. Et le sourire, éclatant, de l'homme qui est, à ce moment, là, exactement où il a envie d'être.

(la suite après le saut)

vendredi 28 avril 2017

A chacun son ambiance start up


& Other Stories



Vous avez toujours rêvé de bosser dans une start-up ?
Vous ne comprenez pas bien pourquoi tout le monde en fait tout un pataquès de ces start up ?
Vous avez bavé devant le film Le Stagiaire avec Anne Hathaway et Robert De Niro ?

Pas de panique.

En travaillant de chez vous, vous pouvez aisément expérimenter ce mode de vie plébiscité par les Millenials et décider si oui ou non c'est le Paradis.

Vous allez voir c'est tout simple.


mercredi 26 avril 2017

Viens dans ma bulle


crédit : unknown


Il y a 7 ans, Ed Pariser, serial entrepreneur du web, nous mettait en garde contre les Filter Bubbles, cet enfermement provoqué par les moteurs de recherche Internet, qui, à force d'enregistrer des informations sur nous au fur et à mesure de nos demandes, finissent pas nous enfermer dans une petite communauté rassurante et quasiment étanche. Il expliquait les dérives d'un tel isolement avec des noms sympathiques comme aveuglement, communautarisme et tout un tas de mots en "isme" qu'on n'aime pas.
Il en a fait un livre et une conférence TED (ici, disponible avec sous titres si vous ne maîtrisez pas l'anglais).

Aujourd'hui Politico, site d'information américain, publie une longue enquête (les Américains aiment beaucoup écrire des articles très longs) très documentée et illustrée de travaux de sociologues sur la bulle des médias (américains), dans une tentative d'explication de leur incroyable fiasco lors des dernières élections américaines.
Cet article au titre bien flippant :  "the media bulbe is worse than you think" ("la bulle des médias est pire que vous ne l'imaginez") explique comment la bombe atomique Internet a complètement dynamité les médias et les entreprises de pointe américaines (la fameuse tech aux réussites faramineuses) et a créé un tout petit univers parallèle, auto-suffisant et auto-satisfait qui contrôle la prise de parole sur les grands canaux de communication.
En gros : exit les feuilles de chou locales dans tous les patelins avec leurs journalistes qui allaient boire le coup au bistrot du coin et se plaçaient à hauteur de la communauté, et place aux gros conglomérats nationaux qui pilotent l'avion à 7000 pieds au-dessus d'un tapis de nuage blanc et cotonneux sans jamais trop regarder ce qu'il y a en dessous.
Forcément ça crée des malentendus.
Des gros malentendus, car même avec la meilleure volonté du monde, difficile de garder les pieds sur terre quand votre univers professionnel se résume à 5 boites et 4 quartiers de 3 grandes villes, qu'on a fait tous les mêmes écoles et qu'on ne connait la province qu'en week end dans des locations rustiques tellement authentiques mais 5 étoiles.


(la suite après le saut)

lundi 24 avril 2017

War zao atao



Ca se dit l'oeil fier et la tête haute et ça se vit tous les jours.

Toujours debout.

Quand le feu est rouge et qu'il faut s'arrêter, quand la pluie tomber et qu'on n'y voit pas très clair et que les gouttes s'immiscent le long du cou, quand le choix au gouter c'est un fruit coupé ou un pain beurre, quand il faut se lever le matin alors que la couette est douce et chaude. Quand vraiment on n'y arrive pas, alors que pourtant on a l'impression de tout bien faire.

Toujours debout quand le ciel nous tombe sur la tête et qu'il va bien falloir faire avec.




mercredi 19 avril 2017

Sur ma table de chevet




Mon côté de lit est un joyeux foutoir qui prend la poussière jusqu'à former un genre de marchepied naturel pas désagréable, quoi que fort peu stable, qui me laisse malgré tout penser que que je n'ai pas qu'un patronyme royal au moment de me jucher sur ma couche.

- - - - Couche par ailleurs perchée aussi haute qu'un lit médical grâce (à cause ?) du sommier et du matelas mémoire de forme épais comme des livres de Dan Brown de tout couple de plus de 45 ans qui a fini par se convaincre que "rien n'est plus important qu'une bonne literie à notre âge" même au prix d'un billet aller/retour Seychelles en 1ère classe. Parfois je regrette mon clic clac d'étudiante - - - - -


Revenue aux dures réalités de la vie en famille, de l'optimisation de l'espace et de la chasse au bazar, il m'arrive de me lancer avec enthousiasme et efficacité dans un tri, qui aboutit immanquablement à une rupture d'espace temps pendant lequel je me retrouve, assise par terre à trier les indispensables des désespérément inutiles, découper les recettes et les photos chouettes, relire les magazines et les livres, ouvrages et prospectus étalés par terre. Avant de tout remettre en tas.

Le dernier tri a permis malgré tout de sortir des limbes moutonneuses quelques pépites - à la demande générale de mon lectorat bibliophile.

(la suite après le saut)

mardi 18 avril 2017

Quand tu sais pas, t'as Carlos





Non Carlos n'est pas que le fils de Françoise Dolto ni l'interprète du tube planétaire Big Bisou sorti en 1977, en pleine période Punk. (Finalement, à bien y réfléchir, c'était peut-être lui, le vrai Punk de l'histoire).

Il a aussi sorti en 1976 un 45 tours sur lequel on trouvait sur la face A le totalement oublié (sauf de Roro et ses frères) "bougalou du loup garou", et sur la face B le encore plus oublié "Si j'étais Président", profession de foi super festive et ritournelle impeccable dont les paroles sont fixées dans ma mémoire depuis... mes 6 ans.

Une semaine à peine avant de partir d'un pas décidé vers les urnes remplir votre devoir citoyen, voilà de quoi envisager votre plongée dans les programmes des candidats avec entrain et bonne humeur  :





PS : l'histoire de Yvan Chrysostome Dolto, fils de, diplômé en kinésithérapie, devenu secrétaire particulier de Sylvie Vartan avant de changer de nom pour prendre celui de Carlos en hommage au percussionniste Carlos Patato Valdes, et devenir un artiste de variété incontournable, vaudrait à lui tout seul un film.


vendredi 14 avril 2017

Déposez les armes et écoutez Juliette



Quand j'avais 15 ans, j'écoutais d'une oreille un peu désabusée cette musique française des années 70 et après 80, ces soirées Maritie et Gilbert Carpentier, ces Champs Elysées de Drucker et ces Balavoine en cuir. 
Je préférais passer des heures à me tuer les yeux devant les Enfants du Rock et Philippe Manoeuvre, écouter Radio Neptune et enregistrer des albums de new wave et de rock anglais.

En 2017, Juliette Armanet ressuscite tout ça avec un twist qui le rend contemporain et c'est super bien.

Il ya les pistes douces et légèrement neurasthéniques (obligatoires de tout premier album on dirait), mais même là les paroles sont jolies et la voix est là, fraîche et franche.

Mais je vous recommande "Star triste" et "Samedi Soir dans l'histoire" avec de la pédale wawa, des paroles ciselées, une voix haut perchée et un tempo que ne renieraient ni Eric Serra, ni Billy Joël ni Michel Delpech ni même (et c'est pas rien) Nicole Croisille.

La bande son parfaite d'un grand week end avec cheveux dans le vent, air frais et tête qui tourne un peu après avoir bu un apéro avec des vrais bons potes dans le jardin.


Ci dessous la vidée de son premier single (qui ne va fâcher personne mais qui est un peu lisse et gentil comparé au reste de l'album)






mercredi 12 avril 2017

On est partis en croisière à Samoens

Slim Aarons - 'Snowmass Picnic' Aspen 1967 (tirage à vendre chez Yellow Corner)

Une semaine à la montagne pour des marins du dimanche de la côte Ouest qui croient que les spatules sont seulement dans le tiroir de la cuisine, c'est a priori prendre un poisson rouge et lui expliquer qu'il sera super bien dans un terrarium. Alors qu'en fait, il y a plus de points communs qu'on croit.

Avant :
- On part aussi chargés dans la voiture que si on envisageait un séjour de détox sur une île déserte : courses alimentaires, vêtements chauds, livres, magazines.
- On regarde la météo tous les jours
- On fait ses valises avec beaucoup trop de choses dedans

Sur les pistes :
- le sandwich avalé au grand air au déjeuner est le meilleur du monde.
- la première gorgée de bière fraiche les yeux fermés face au soleil arrête immédiatement les pendules
- Les monos sont hyper bronzés sauf sur sur les yeux
- On se tartine d'indice 50 - surtout sur le nez
- Heure après heure on s'enivre d'air frais et on réhabitue ses yeux à l'espace

En dehors de pistes :
- On a l'air ahuri, les yeux fatigués et la mine joyeuse.
- Le coca rouge tiède faute de frigo dans la voiture a le même goût délicieux que celui qu'on buvait petits dans le cockpit, le dernier bout amarré au ponton.
- On se demande, après 6 heures en territoire naturel et chaussé de caoutchouc et de plastique semi humide, si une paire de Ugg portée pieds nus n'est pas un véritable avant goût du paradis.
- On est mal sapés pendant une semaine et on s'en fiche complètement. Le maître mot est la chaleur et le confort. Legging, polaires chaussettes. Même pour aller chercher du pain. Voire pour aller diner au resto (le soir où on décide de se coucher après 20 heures)
- On dîne hyper tôt, on se couche hyper tôt, on dort tout de suite
- On lit rien du tout. Ou alors vachement.


La minute guide touristique après le saut :

Le compte instagram du blog



Ayé j'ai ouvert un compte Instagram Une Femme Avec Toi (@unefemmeavectoi ou https://www.instagram.com/unefemmeavectoi/ si vous n'avez pas de mobile).
Pour partager avec vous et le monde entier de l'univers mes pérégrinations quotidiennes, mes étonnements et mes émerveillements (au moins) en français et en anglais aussi parce que je le peux et parce que je veux voir jusqu'où mes posts peuvent m'emmener.
Ca va être un petit laboratoire d'idées et de tests aussi. Je vous raconterai.

Pour l'instant il est tout maigre mais j'ai plein d'idées et il va grossir très vite.

Vous pouvez commenter, m'interpeller, me dire des trucs cool. Ca va être chouette.


mardi 11 avril 2017

Viens avec moi dans mes montagnes russes


Les plus belles photos prises dans les montagnes russes



Lundi : déjeuner avec une copine de copine pour parler d'un projet d'association; pas de business model ni de perspective de monter la prochaine licorne qui nous obligerait à louer un yacht l'été prochain pour échapper à la foule des médias en délire. Juste plein de points communs et d'aspirations partagées, l'envie de développer les échanges et de changer le monde. C'est excitant, c'est exaltant, c'est aussi hyper concret. Le ciel est bleu, l'air est frais. Je suis la Reine du Monde.
Les heures de la journée glissent sur moi comme une ondée bienveillante.

Mardi :

8 heures : découvrir les yeux à peine ouvert le ciel orageux sur mon compte en banque. Râler contre Pôle Emploi qui  traine à payer les indemnités.

9 heures :  ouvrir mon compte et me rendre compte que le virement a bien eu lieu. Hélas. Abandonner alors arc en ciel, licorne et Reine du Monde et écumer Indeed, Pôle Emploi et LinkedIn à la recherche d'un travail super bien payé tout de suite là maintenant.

9 heures 05 - 10 heures : écrire frénétiquement 5 mails de candidature en oubliant toutes mes bonnes résolutions de ne pas me jeter sur le premier job qui passe. Avant d'appuyer sur la touche "envoyer", demander conseil auprès de ceux, bienveillants, qui observent et encouragent de loin.

10 heures 30 : recevoir des emojis horrifiés en retour. Secouer la tête et détruire les mails de candidature.

10 heures 31 : recevoir la notification de rappel de rendez-vous avec Pôle Emploi demain.

10 heures 32 : hésiter entre boire un café et avaler un paquet de Shoks pour oublier. Laisser trainer un regard affolé dans le salon. Me souvenir que non seulement je ne suis pas capable de trouver un travail mais en plus il y a du linge à plier / une machine à vider / un panier à repasser. La liste des Il FAUT s'allonge devant mes yeux comme la litanie des Saints à la veillée pascale. Envisager de me ronger les ongles, habitude perdue depuis 1996.

10 heures 42 : recevoir une notification de LinkedIn qui me dit qu'ON a consulté mon profil. Le coeur presque gonflé d'orgueil, cliquer et découvrir qu'une  (seule) personne, déjà de mon réseau a regardé mon profil. Dégonfler mon orgueil.

11 heures : recevoir une notification de Runtastic qui me dit de ne pas oublier de "prendre un moment pour moi" et d'enfiler mes baskets. Envisager d'enfiler mes baskets 2 secondes avant de fermement refuser de céder à cette énième injonction numérique. Avec les notifications automatiques, j'ai l'impression d'avoir 15 ans et un directeur de conscience sur les épaules. Niet. Je suis pauvre, mais libre.

11 heures 45 : m'habiller avec autre chose que des vêtements mous, reprendre visage humain et sortir déjeuner sans avoir trouvé de solution et sans avoir faim.

15 heures 15 : rentrer du déjeuner sans avoir trouvé de solution, sans avoir faim mais avec la ferme intention de FAIRE quelque chose. Ignorer le linge, la poussière, les papiers et le linge à repasser.

15 heures 30 : Envoyer deux mails de relance, proposer de prendre un café à un nouveau contact.

15 heures 45 : commencer un post de blog en forme de mise en abime de l'abime de mes pensées. Me rouler dans la désespérance et l'auto-complaisance vaguement ironique et faussement détachée, ça va pas plaire au banquier mais au moins, ça je sais faire.

17 heures : le téléphone sonne à 5 minutes d'intervalle. Deux rendez-vous à venir pour du boulot.

17 heures 05 : gonflée à bloc, reprendre le projet d'association, écrire 25 idées en 3 minutes, trouver 10 articles parfaits, plier le linge, trouver la recette du pesto d'ail des ours et le faire dans la foulée, embrasser enfants et prendre photo de la glycine sous le soleil.




jeudi 30 mars 2017

Séché




Face à face. les pieds sur le siège de devant. L'allure savamment décontracté et l'arrogante beauté de cette jeunesse qui n'existe que quelque part autour de 22 ans (avant ils sont encore engoncés dans leurs habits de lycéens taillés par leurs parents selon leurs désirs de parents et après ils ont dans les yeux un éclat de tension qui vient de s'être déjà frottés aux horaires imposées, à l'idée de devoir y arriver mais pas toujours à quoi et à l'envie de ne rien laisser passer).

Deux jeunes hommes donc. Ni gros ni maigres, ni grands ni petits, ni caricatures de sportifs ni portraits robots de geeks au teint pâle.

On comprend assez vite, et sans trop chercher à y prêter attention d'ailleurs, qu'ils parlent régime.

Leur conversation s'impose. On notera à leur décharge que leur échange est tout à fait bonhomme et qu'ils ne cherchent nullement à attirer l'attention. Ils parlent, tranquilles, faisant porter leur voix dans le wagon sinon à peu près déserté de ce début d'après-midi légèrement entorpeuré dans cette premier journée de chaleur de printemps.

- L'important, c'est que tu brûles plus que tu ne consommes, tu vois. Quand t'as faim tu remplaces par plein de salade. Des pommes aussi. Pas de pain, pas de riz, pas de pâtes. Comme ça tu sèches.

- Pas de viande ?

- La viande faut faire gaffe. Tu manges des pommes. Et surtout pas de sucre.

(soupir effaré du deuxième. On l'imagine, dépité, manger des pommes et de la salade alors que le monde entier autour s'empiffre de MacDo) : Et tu fais ça longtemps ?

- Nan, tu peux le faire un jour avec, un jour sans.

- Mais pendant combien de temps ?

- Jusqu'à ce que t'as le résultat que tu veux. Là je vais le faire un mois.

- Ah ouais. Mais alors le matin, tu manges quoi ?

- Une pomme

On sent dans les relances du second que ses envies de ressembler à GI Joe, de devenir l'Apollon du dancing, le bellâtre aux tablettes de chocolat, s'amenuisent à mesure que le premier lui annonce le mois de privation à venir.



mercredi 29 mars 2017

L'homme araignée et la sociologie de comptoir



<< Spoiler alert >> amoureux fou de Marvel et/ou des Avengers, désireux de garder jusqu'au bout intact le plaisir de la découverte de ce nouvel opus jusqu'au 7 juillet prochain, passez votre chemin. Non, c'est vrai, je comprends. Ca m'énerverait aussi d'apprendre dans un post de blog Si Meredith va enfin remplacer Dr Mamour dans Grey's Anatomy.



Le nouveau Spiderman, Homecoming (que les Québécois ont traduit par "retrouvailles" ce qui a le mérite de la clarté), annoncé pour l'été prochain, envahit littéralement la toile (hé hé) depuis quelques mois avec des extraits exclusifs, des bande annonces bondissantes et la diffusion sur Canal + d'une jolie introduction dans le dernier Avengers, Civil War (que les Québécois ont traduit par "guerre civile" faisant ici preuve d'un beau sens de la traduction littérale).

Inutile de vous dire qu'il ne va pas être facile de passer à côté.

Au-delà d'une histoire qu'on imagine forcément jalonnée de sourires, d'obstacles, de blagounettes de Tony Stark, de bagarres, de peut-être Gwyneth-Pepper, d'échecs et finalement de victoire éclatante sur paysage dévasté, ce nouvel opus représente une chouette analogie de ce qu'est un Millenial vu par les générations qui le précèdent.

Le Millenial (en anglais), appelé aussi Génération (Y en français), est devenu petit à petit l'épouvantail moderne qui remplace avantageusement les CD suspendus dans les arbres pour faire fuir les oiseaux vieux. On le pare de mille vertus (il a tout compris, il va sauver le monde) et on le craint comme un virus (il va nous expédier en maison de retraite avant nos 50 ans)

Voici donc ce que cela donne si l'on pose ces deux figures de la société moderne sur les deux personnages principaux du film (déjà aperçus dans Civil War).

(la suite après le saut)

mardi 28 mars 2017

10 distractions qui améliorent votre productivité


Jean-Daniel Lorieux via Man Repeller


Derrière ce titre de post qui témoigne de ma (trop) grande consommation de LinkedIn en ce moment se cachent toutes les choses qu'on ne peut pas faire au bureau et c'est bien dommage parce qu'en même temps ça ne nuit pas vraiment à la concentration ni à la quantité de travail abattu. Il faudra que je m'en souvienne quand je négocierai mon prochain CDI.

Me faire les ongles de pieds (si vous êtes un homme, se faire les poils du nez doit faire le même effet). En profiter pour continuer à travailler pieds nus.

Prendre mon ordi sur les genoux et me poser sur le bord de la fenêtre là pile où l'écran est à l'ombre et les doigts de pieds au soleil ;

Aller courir, marcher, faire une course, repasser 3 chemises, mettre du linge à sécher, bref toute activité vaguement ennuyeuse et répétitive propice à la réflexion ;

Terminer les BN (d'abord c'est vraiment des gâteaux pas du tout bons pour la santé. Il vaut mieux laisser le pain complet aux enfants, un jour ils me diront merci) ;

Travailler sans musique et la fenêtre ouverte jusqu'à me rendre compte que les oiseaux, les jardiniers, les chiens font un barouf d'enfer (ça s'appelle réhabituer ses oreilles au silence, qui donc, n'existe pas)  mais que ça ne rend pas pareil que les sirènes de police, les embouteillages et les téléphones qui sonnent ;

M'interrompre pour aller chercher le t-shirt blanc et les chaussettes de danse de Marguerite (dans le sac de linge sale), lui faire (avec amour) un smoothie lait mangue banane (qu'elle ne boira pas parce qu'elle préfère quand ils sont rouges) et lui donner une Pom'Pote et un pain (frais) avec du chocolat.

Ecrire dans mon lit en posant mon ordi sur le gros coussin ringard d'IKEA.

Faire une pause déjeuner de 12 minutes à 15 heures. Ou de 2 heures entre 11 heures et 13 heures. Quand j'en ai marre plus que quand c'est l'heure.

Aller déjeuner ou prendre un café avec plein de gens différents et ne pas parler de mon boulot, mais du leur ou bien alors de plein d'autres choses.

vendredi 24 mars 2017

Red Nose Day



A moins d'habiter dans une grotte humide dans le Vercors (et encore je suis sûre qu'on doit bien pouvoir capter un signal 4G), difficile d'échapper à la bande annonce de la mini suite de Love Actually qui va être diffusée aujourd'hui en Angleterre et le 25 mai aux Etats-Unis à l'occasion du Red Nose Day.

Love Actually, film choral réalisé par Alan Curtis où Hugh Grant, Colin Firth, Emma Thompson et Keira Knightley sont plongés dans les affres de l'amour. Love Actually, aussi indispensable à Noël que la paella de madame Willman et les Ferrero Roche d'Or.

La nouvelle d'un bonus inédit et tout chaud fait donc le tour des réseaux sociaux, ainsi que cette petite vidéo réjouissante.

Mais savez-vous ce qu'est le Red Nose Day  - littéralement le "jour du nez rouge" ?

(hop le saut)


jeudi 23 mars 2017

Martine's women agency





12 heures 30. Belinda se hâte rue de Marignan. Ses talons bobines claquent sur le trottoir et le vent souffle, mettant en péril la coiffure élaborée de la jeune femme qui tente malgré tout de garder la tête haute et le souffle régulier. Hors de question d'arriver rouge tomate devant Martine.

Martine est une femme à qui on ne joue pas le jeu de l'excuse bidon. Martine a passé l'âge. Elle tient son agence d'une main de fer et ne tolère aucun écart. Au départ, c'était un jeu, un passe-temps amusant : avec son entregent et ses connaissances, elle avait proposé de rendre service à ses riches amies qui avaient besoin de personnel ponctuel et bien né. Sa fille était adolescente et était toujours à la recherche de petits boulots pour arrondir ses fins de mois et financer son shopping. Jolies, bien habillées et très bien élevées, elle et ses amies faisaient un tabac dans les diners et les pince fesses organisés dans les salons des beaux quartiers.
Et puis, un jour ,Martine s'est prise au jeu. Elle a monté son agence, pris des bureaux à côté de Champs Elysées, embauché une assistante et fait visser sa plaque sur la façade.

Martine's women agency. Un nom qui claque.
Loin des flonflons des noms d'agences de mannequins et du racolage des boutiques d'hôtesses :
son prénom en avant, sa carte de visite, son oriflamme,
et puis une touche d'anglais pour la classe
et le mot women pour bien signifier aux importuns chasseurs de filles faciles de passer leur chemin.
La clientèle de l'agence aime chasser le soleil toute l'année, rester dans un entre soi rassurant, se protéger du scandale et des étrangères aux pouvoirs vénéneux. Elle apprécie le calme tranquille de Martine et sa totale discrétion.

30 ans plus tard, Martine est un peu lasse mais elle tient toujours la barre.
Un jour ou l'autre elle dévissera la plaque et fermera ses bureaux. Emportera ses petites histoires et ses grands secrets avec elle à Cassis, dans sa villa avec vue sur la mer, et coulera des jours heureux, loin de l'agitation de la vie parisienne et de ses socialites qui tuent le métier à petit feu avec leurs jambes kilométriques et leurs jupes aussi courtes que leurs idées.

En attendant, aujourd'hui, elle a rendez-vous avec une candidate.
12 heures 31 et l'interphone grésille.

Martine se lève, lisse sa robe, vérifie sa coiffure et se dirige vers la porte.



PS : en réalité, Martine's women agency est une agence de mannequin, sise au 15 de la rue de Marignan, à des années lumière de la douce nostalgie qui se dégage de son nom et de sa plaque (mais qui représente des femmes de tous âges plutôt chics).





lundi 20 mars 2017

Raconte moi une histoire de MOOC






MOOC veut dire Massive Online Open Course. En français on devrait dire FLOT (Formation en Ligne Ouverte à Tous) mais en fait on le dit pas, snobant pour toujours toutes les ouvertures hilarantes de jeux de mots de cet acronyme maritime (non, ne me poussez pas, je n'en ferai rien)

Aujourd'hui on peut quasiment prendre des cours de tout sur Internet sur des plateformes dédiées, bien souvent gratuitement, et à condition d'être hyper motivé (pas de radiateur sur lequel s'endormir, pas de voisin compréhensif pour tricher pour les exams, pas de sonnerie qui annonce la récré). Des universités, des institutions, des centres de recherche, des marques, des centres de formation pour adultes, proposent d'éclairer vos longues soirées d'hiver été vos riantes soirées d'été.  Tapez MOOC sur Google et explorez, vous allez voir, c'est Luna Park.

A ce moment, haussement de sourcil de tous les Gauthier, les Salima, les Hugo, les Fiona (et tous les autres), qui, à-mi parcours de collège peinent à comprendre comment on peut avoir envie de retourner à l'école sans y être obligés.

Est-ce parce qu'une fois adulte on se rend compte qu'on apprendra toute sa vie ou bien parce que certains cours sont franchement baths, en tous cas les MOOC cartonnent.

Au milieu de l'océan de propositions, une d'entre elles est super bath.

Pixar vient de mettre en ligne un cours gratuit sur la Khan Academy pour apprendre l'art de raconter une histoire.
Le cours, en anglais (et sous titré en anglais ce qui le rend accessible même si vous n'avez pas épousé Miss Marple ou le Docteur Sheperd), propose une série de vidéos, de témoignages et d'exercices qui complètent la série intitulé "Pixar in a Box".
Le premier chapitre est déjà en ligne, les autres suivront progressivement.
Dans les premières leçons, on apprend que toute histoire commence par "what if ?", ce qu'on pourrait traduire par "imagine", gymnastique jubilatoire qu'affectionnent certains, qui devrait être au moins aussi obligatoire que la cohérence cardiaque, la méditation et le chocolat pour garantir un esprit sain, un corps sain et tout le tintouin.

Et ce n'est pas Madame Berthou, jamais rassasiée de rédactions de CM1 en 1981 et éternelle muse de ce blog, qui me contredira.

Vivement fin mars pour le deuxième chapitre.



PS : la Khan Academy a été créée par Salman Khan, un de ces hommes incroyables et visionnaires qui savent super bien raconter leur fabuleuse histoire, ici celle d'un Américain issu de l'immigration qui a gravi un par les un les marches académiques avait de lancer son académie ouverte pour que tout le monde aie le droit d'accéder à la connaissance. Vous pouvez le découvrir ici, dans une conférence donnée en 2011.

jeudi 16 mars 2017

Amazing grace





"Ce n'est pas quelque chose que l'on peut contrôler
Ce qu'on appelle la grâce, c'est un état d'esprit, 
Ca ne s'apprend pas.
La grâce, elle vient uniquement de la tête, 
de savoir comment on parle aux autres
C'est uniquement l'âme du personnage qui ressort.
C'est ça la grâce je crois"


Dans un court-métrage réalisé par Clémence Poésy pour l'Opéra de Paris, c'est l'étoile Michaël Denard qui fait la voix off.
Et il faut l'écouter poser ses mots avec précaution sur les images pleines de concentration, de douceur et d'effort des élèves de l'école, isolés dans une bulle ouatée.
Ce film est un petit véhicule de grâce justement, où l'on sent toute l'empathie de l'équipe qui a saisi ces instants de travail intense de ceux que l'on verra peut-être un jour en plein soleil, sur la scène.








Allez fureter sur le site de l'Opéra de Paris et 3ème Scène, sa plateforme de contenus numériques : une vraie mine de vidéos qui ouvrent les yeux sur une toute autre manière de voir l'Opéra, par exemple en ouvrant celui-ci à l'interprétation d'artistes que l'on ne s'attend pas à voir là, comme Vincent Dedienne ou Abd Al Malik ou Clémence Poésy justement.




mardi 14 mars 2017

Le point d'union


"Marlon Brando et son chat" Bridoz.com


Communiquer sans stéréotype de sexe est un premier pas vers une égalité réelle entre femmes et hommes, et l'un des chevaux de bataille du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes.

L'institution a édité un guide pratique pour nous aider à y voir clair et a établi 10 recommandations pour une communication publique sans stéréotype de sexe.

L'une de ces recommandations vise à adopter de nouvelles règles typographiques.

(la suite après le saut, le suspens est à son comble)

lundi 13 mars 2017

Le meilleur UX du monde ne remplacera jamais Valérie, Kevin ou Yasmine


Il faut se retrouver dans les magasins à contre courant de leur flux habituel pour se rendre compte que l’automatisation à des limites.

Essayez donc la Poste un matin (le samedi fera l’affaire si vraiment vous ne pouvez pas quitter votre bureau pendant les heures ouvrables). Ou alors un hypermarché un mardi à 11 heures.

Au milieu de la (petite) foule habituelle qui avance, choisit ses produits et file vers la caisse, ou bien attend plus ou moins patiemment son tour, on voit alors tous ces déclassés volontaires ou subis qui ne sont pas dans le moule : parce qu’ils n'ont pas fait "marketing 2ème langue", parce qu'ils parlent pas bien français, parce qu’ils n’ont pas les clés pour rentrer dans les cases, ou bien juste pas envie de gagner du temps à tout prix, ni besoin d’une rapidité de service à toute épreuve. 
Ou alors parfois ils cherchent quelque chose et n’ont nul envie de jouer à la chasse au trésor en suivant les signes de piste des rayons ou de la nouvelle signalétique à pictos. 
Ils veulent envoyer un courrier, pas taper l’adresse sur un clavier, ils veulent des noisettes en poudre sans avoir à deviner s’ils les trouveront au rayon fruits et légumes ou farines - condiments - sauces. Ils veulent un téléphone portable sans avoir à choisir entre 4 forfaits et 8 téléphones en s’abimant les yeux sur une notice écrite en patte de mouches.
Ou alors, ils veulent seulement un contact humain.

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